Les danses dans le monde arabe

Les danses dans le monde arabe ou l'héritage des almées Couverture du livre Les danses dans le monde arabe ou l'héritage des almées
Djamila Henni-Chebra, Christian Poché, Magda Saleh, Sellami Hosni
Histoire (livre)
Editions L'Harmattan
1996
Français
172 pages

Table des matières :

  • Introduction
  • La danse arabe : quelques repères
  • Égypte : profession danseuse
  • Les danses d'Égypte
  • La danse en Tunisie
  • La danse en Algérie
  • Biographies

Histoire de la danse orientale et des grandes danseuses d’Égypte, un document de référence

Ce livre n’est pas un livre de table de chevet. Si vous désirez le lire, prévoyez-vous du temps où vous serez attentive. Ce livre est une mine d’informations sur les danses arabes, pas seulement la danse orientale. Si la seule chose qui vous intéresse c’est la danse orientale, aller tout de suite au chapitre 1 page 41, quelques pages au chapitre 3 page 118, et chapitre 4 page 144, mais vous vous intéresserez surtout au chapitre 2 qui est dédié aux danseuses orientales d’Égypte.

Si j’avais a résumé le livre, je dirais d’emballé que c’est un livre qui regroupe 5 thèses sur les danses dans le monde arabe, mais avec divers angles d’approches. Chaque chapitre est donc une thèse différente, par un auteur différent. Pour cette raison, je vais diviser cet article en chapitre.

Jean-Léon_Gérôme-almee

La danse arabe : quelques repères

Ce chapitre est probablement l’un des plus difficiles à lire. Vous tomberait de temps en temps sur des mots hors de votre vocabulaire. J’ai dû, à l’occasion, regarder sur internet la signification de certains mots comme “psylle” où Wikipédia me donnait “insecte”. Aucun lien avec le texte, j’ai dû fouiller beaucoup plus longtemps pour trouver charmeur de serpent. Plusieurs termes sont peu connut, les tournures de phrase sont parfois difficile à enchainer, mais que d’informations! L’auteur se base sur une grande quantité d’informations, beaucoup de références vers d’autres ouvrages. Ce qui pourra peut-être vous inspirer d’autres lectures. On sent que l’auteur a fait une étude rigoureuse et écrit de façon très objective.

Voici un petit résumé du chapitre. On réalise que les danses dans le monde arabe sont très peu documentées dans les livres même si elle est très présente dans la population. Certaines “danses” n’étant pas considérées comme des danses, l’auteure cherche à définir qu’est-ce qu’une danse? On y explique les divers styles de danses à travers les siècles et leur nom. Ces danses à l’origine, étaient des danses rituelles ou des jeux. On commence à parler de la danse du ventre dans les danses profanes (p.41). La danse du ventre aurait donc pour origine la danse des almées et des ghaziya.Le terme se transforme en danse du ventre et raqs sharqui (danse orientale). Bien que l’auteur croit que cette danse serait ancienne, il spécifie qu’aucune preuve de celle-ci n’existe avant le 18e siècle.

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Égypte : profession danseuse

Ce chapitre passionnera les danseuses orientales. On y parle de danseuses, de leurs conditions, de leur public, de la vision des gouvernements et de leurs lieux de travail. On y note aussi beaucoup de noms de grandes danseuses orientales. La lecture est facile et regorge d’information. Voici un petit condenser.

Dans ce chapitre, on aborde la danse par les danseuses. L’auteur part sa thèse du 18e siècle, puisqu’il n’y a pas de source avant ce siècle. On débute par deux types de danseuses : a’oualem et gawâzi. Les danseuses performaient dans les rues, les maisons privées, les cafés (al-kahwa) ou les cafés pour européens (malha). On y explique aussi la “noqta” qui sont des dons fait par les spectateurs aux danseuses. Viens ensuite une série de mesure qui entrave les danseuses. Saviez-vous que la danse a été bannie dans certaines régions de l’Égypte en 1834. Ce qui a amené l’exile des danseuses. Le premier vrai endroit pour le baladi serait le “Kahwa al-raqs al-baladi” en 1887. Le public des danseuses étant surtout européen, les Égyptiens finissent par s’y intéresser à la fin du siècle. La mauvaise réputation de la danse orientale remonte possiblement à cette époque où la demande pour les danseuses était tellement forte, que certaines femmes se sont improvisées danseuses, n’hésitant pas à se dénuder pour avoir plus d’argent. Les danseuses almées ont été remplacées par des danseuses orientales qui chorégraphiaient et ajoutaient une touche académique à leur danse. Ensuite vient l’ascension fulgurante de ces danseuses avec des lieux spécifiques pour la danse orientale, l’apparition de stars et leurs prestations dans le cinéma. Vient ensuite le déclin dans les années 60. Le chapitre termine par une inquiétude sur l’avenir de la danse orientale par un manque de professeurs qualifié.

Personnellement, j’ai trouvé l’auteur un peu blessant en disant que la danse orientale était populaire en Europe et aux États-Unis, mais de piètre qualité. Tandis qu’en Égypte, la danse est peu populaire et enseignée qu’à titre privé. Quand même ironique qu’un pays comme l’Égypte s’intéresse peu à sa danse tandis que le reste du monde s’y investit.

Les danses d’Égypte

Dans ce chapitre, on y décrit une dizaine de danses d’Égypte. Les descriptions sont détaillées. On explique le contexte et la nationalité des danseurs, les lieux et occasion où sont pratiqué cette danse, les instruments utilisés et une description de ce qu’est cette danse. Bien que les descriptions des danses soient détaillées, il est quand même difficile de les imaginer. Le chapitre est bien classé, chacune des danses ayant sa section. Voici les danses décrites dans le chapitre : bambouteyya, danses bédouines, bormeyya, dhikr, henna al-suwaysi, iskandarânî, kaff, raqs al-kharl.

danse-bedouine-tunisieLa danse en Tunisie

Semblable au chapitre précédant, mais on y parle des danses en Tunisie cette fois. Les descriptions sont un peu moins détaillées, mais tout de même intéressantes. Voici les danses décrites dans ce chapitre : danse orientale, bousaâdiah, nékhikhe, zgara, chétih, stambali, r’boukh et nouba. La fin du chapitre porte sur la place de la danse en Tunisie depuis son indépendance.

La danse en Algérie

Dans le même principe des deux autres chapitres, description des danses, lieux et occasions et costume des danseurs. Voici les danses Algériennes décrites dans ce chapitre : danse allaoui, danse kabyle, danse naïli, danse de reguibet, danse touareg, danse de kerkabou, danse de jument, danse chaouia, danse du nakh et les danses citadines.

 

En résumé, pour connaître les origines de la danse orientale ainsi que les grandes danseuses d’Égypte, et ce, sur la base de documentations fondées et de belles recherches. Vous adorerez ce livre. Contrairement à plusieurs autres livres dont on ne peut vérifier les sources et l’objectivité des auteurs, ceux-ci citent leurs sources et ne font que rapporter les faits. Ça vous donnera peut-être le goût d’aller plus loin et lire certaines de ces sources. Bonne lecture!

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